OLIVIER JUNG swing

24 mai - 23 juin

Olivier Jung aborde deux sujets en apparence différents : Les oiseaux et les êtres humains.
Les premiers sont traités à l’acrylique sur papier. Ils sont
cadrés au format paysage. Les humains à l’encre de chine au
format portrait. Saisir l’instant de leur apesanteur, ce moment de légèreté où ils s’abandonnent dans leur élément, au point de déséquilibre qui les ébranle. La touche colorée, nerveuse, happe le mouvement suspendu, virevoltant, tournoyant. Il en est de même du dessin. Le papier n’a pas le temps de boire l’encre. Il est déchiré. Suit un moment de latence. Sans tenir compte del’origine des morceaux, ils sont reconstitués, raboutés par le recto ou le verso, camaïeux de gris, les ombres et les noirs des cernes offrent un nouveau dessin. Le trait, la couleur forment un labyrinthe où le regard sursaute, « intranquille ». Il croit apercevoir une forme, un détail, un mouvement, un ensemble significatif. Mais il faut accepter que quelque chose chaque fois nous échappe.
    Coloriste Olivier Jung joue des matières des pleins et des vides. Le geste tourbillonne. Dans les courbes de couleurs et de contrastes : un bec un œil une aile se niche. Planant, plongeant en piqué, les oiseaux se cachent, se dévoilent. les corps se vrillent, dansent, sur un pied, de face, de trois quart,  de dos. L’instant éphémère ne doit pas être dérangé. La ligne musicale syncopée s’entend comme un frémissement sous les ruptures. Ici une couleur que l’on suit, là une ligne repart, un noir profond nous arrête, un gris ouvre le champ. La main joue, souffle différentes partitions. Les phrasés se disjonctent pour se réunir au final.  Nous prenons un peu de recul et la ligne musicale revient à notre œil.
Cette énergie ici présente fut un temps appelée «Jass» puis «swing» termes équivoques issus des bordels de la nouvelle Orléans et du base ball. Aujourd’hui nommé Jazz. Olivier Jung poursuit les recherches des connivences entre musique et peinture amorcées déjà par Klee. Nous retrouvons les formes de la polyphonie, entrelacement de voix. Olivier Jung interpréte de Séquences de free Jazz a l’harmonie fragile. du bout des doigts il fait résonner une petite musique entêtante juste pour nous consoler.


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