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Ouverture de la galerie Linz
GODWIN HOFFMANN 10 septembre - 10 octobre
MAHÉ BOISSEL 15 octobre - 14 novembre
ISABELLE GRANGÉ
FORMATS D'HIVER
Olivier JUNG
DESSINS
PATRICK S. NAGGAR / 1/04 - 8/05/2010
KEN DENNING
Chez Olivier Jung le sujet est monté petit à petit par superposition d’une résille, d’un entrelacs de traits posés sur une surface colorée qui les initialise. Les deux trames abstraites en apparence sont travaillées par déplacement de l’une par rapport à l’autre jusqu’à ajustement de l’idée voulue. Ceci à l’instar d’un dessinateur qui aurait décomposé son sujet sur plusieurs calques, ici la couleur, là le trait, là encore d’autres aspects. Puis en faisant jouer les calques les uns sur les autres, il essayerait de ne pas perdre la forme première tout en essayant d’en suggérer d’autres. Ainsi les espaces ordonnent les masses. Le plan n’est ni frontal ni mis en perspective. Il est une médiation entre le plan de l’écriture cherchant à annuler la profondeur et celui de la couleur qui au contraire cherche à la restituer. L’équilibre se veut toujours précaire, rompu par des tonalités cassées, sourdes, proches de celles de Doucet et rattrapées par des tons francs proches de Cobra. L’œil réinstalle les repères en suivant un trait dessinant un profil aussitôt perdu par une vue en contre-plongée. Le sujet s’inscrit dans un premier temps dans un espace pour ensuite se morceler au profit d’un travail sur la totalité de la toile empruntant au «all over» d’un Pollock la notion d’un espace sans centre apparent où aucune partie n’est privilégiée. Toutefois, chaque point est traité en soi dans sa cohérence par rapport au tout ce que l’on trouve chez De Kooning,. Ainsi les points d’ouvertures permettant d’entrer dans le tableau sont multiples, sans guide spécifique. Espace labyrinthique où chacun définit sa porte, son parcours et ceci sur un espace commun à tous. Le sujet premier n’est qu’un prétexte afin de s’échapper. Rien n’est définitif ou stable : un paysage peut laisser place à un animal, un corps, un masque. C’est dans ce mécanisme d’ouverture et de fermeture que s’amorce l’errance. C’est un rapport au temps ambivalent, où, le travail de l’huile freine celui du coloriste par sa lenteur, ses transparences, et, d’autre part, une accélération due au geste graphique dans la matière , griffure, marquage de l’espace. Tags, graffitis pour lesquels le sens se perd. Mais de cet enchevêtrement des graphes et de la couleur naît une nouvelle inspiration : la nôtre.
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